Les équipes doivent à la fois comprendre ce qui s'est passé et pourquoi. Si l’un des deux éléments manque, les équipes travaillent avec des données incomplètes.
Prenons l’exemple d’un processus courant dans un atelier de production : fixer un composant sur un assemblage à l’aide d’une clé dynamométrique connectée. La consigne de travail officielle peut indiquer la plage de couple requise, la séquence de serrage et l’étape d’inspection qui suit. Mais cette consigne formelle ne reflète pas toujours la manière dont le travail a été réellement effectué sur le moment.
La vérité d’exécution est l’enregistrement de ce travail réel. Elle indique quel opérateur a effectué la tâche, quel outil a été utilisé, quelle fixation a été serrée, quelle valeur de couple a été appliquée, si cette valeur se situait dans les limites de tolérance, si la séquence de fixation a été respectée, si l’outil a généré une erreur et si l’opérateur a dû réessayer, passer outre ou signaler le problème. Au lieu de s’appuyer sur une liste de contrôle indiquant que la tâche a été effectuée, l’entreprise dispose de preuves de la manière dont elle a été réalisée.
Mais la vérité d’exécution ne suffit pas à elle seule. Une équipe future doit également disposer de la vérité opérationnelle pour comprendre pourquoi cette valeur de couple était importante. La vérité opérationnelle relie le travail à l’ordre de travail, à l’actif, à l’assemblage, à la spécification technique, à l’exigence de qualité, au registre d’étalonnage des outils, à la qualification de l’opérateur, à l’état du matériel et à la règle d’inspection concernés. Elle explique le contexte métier réglementé dans lequel la tâche s’inscrit, et pas uniquement la tâche elle-même.
Imaginons maintenant que la valeur de couple soit hors tolérance. Sans la vérité d’exécution, un futur évaluateur pourrait uniquement constater un échec lors de l’inspection ou une opération de reprise. Sans la vérité opérationnelle, il pourrait voir la mesure de couple sans comprendre la spécification, le statut d’étalonnage, les exigences de qualification ou les conditions de production qui rendent cet écart significatif. Grâce à ces deux éléments, l’entreprise peut retracer ce qui s’est passé, comprendre pourquoi cela était important, identifier les personnes impliquées, déterminer quelles preuves étayent le constat et savoir quelles mesures correctives ont été prises.
La vérité d’exécution montre comment le travail s’est réellement déroulé. La vérité opérationnelle explique le contexte gouverné entourant ce travail. Pour que l’intelligence institutionnelle soit utile, l’IA doit avoir accès à ces deux éléments.